Infrarouge – La maison des hommes violents

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À Arras, dans le Pas-de-Calais, existe une structure unique en France dans l’accompagnement des auteurs de violences conjugales. Créé en 2008 à l’initiative de la Communauté urbaine et du parquet d’Arras, le Home des Rosati héberge en permanence huit hommes pour des séjours de trois semaines à plusieurs mois. L’équipe d’encadrement y pratique un travail thérapeutique intense et préventif. Qui sont ces hommes violents ?
Quelle prise en charge sociale et psychologique leur propose-t-on ? Le primat de l’éducatif sur le répressif mérite-t-il d’être développé en France ? C’est à ces questions, au cœur du débat actuel sur les violences conjugales, que ce film répond à travers le suivi, au jour le jour, de six hommes à la maison des Rosati, de leur arrivée jusqu’à leur départ. Le documentaire « La Maison des hommes violents » sera suivi d’un débat présenté par Marie Drucker, en présence de Benoît Durieux / Directeur du pôle hébergement,insertion,responsabilisation de l’Association SOLFA et Luc Frémiot / Magistrat Honoraire / Ancien Procureur de la République de Douai .
 
Note d’intention de la réalisatrice, Marie-Christine Gambart :
 
D’abord, un constat s’impose. En France, une femme sur dix se déclare actuellement victime de violences conjugales. Une femme sur deux admet l’avoir été à un moment de sa vie. Chaque année, 216 000 femmes subissent des violences domestiques, et plus de 150 d’entre elles en meurent. Depuis 2004, le nombre de condamnations pour violences conjugales a doublé. Ces chiffres révèlent à eux seuls l’ampleur du phénomène, trop longtemps délaissé ou ignoré par les pouvoirs publics. Ils soulignent aussi l’urgence de le prendre en charge. À la fin de l’année 2014, sous l’impulsion de la garde des Sceaux Christiane Taubira, le gouvernement a lancé un plan d’action global regroupant toutes les institutions pour lutter contre les violences faites aux femmes.
Parce que les violences conjugales surviennent dans l’intimité de l’espace domestique, elles ont trop longtemps été considérées comme un problème privé, qui ne regardait personne et encore moins, par définition, les pouvoirs publics. Par ailleurs, grâce à la mobilisation des associations féministes au cours des dernières décennies, l’accompagnement des victimes a pu se développer et l’arsenal répressif a été considérablement renforcé – même si, dans les faits, tous les parquets n’observent pas la même diligence à poursuivre les auteurs. Cependant, à la différence d’autres pays européens, le suivi des conjoints violents a, jusqu’à présent, peu retenu l’attention du gouvernement. Ceci expliquant au moins en grande partie cela : les féministes ont longtemps milité pour que la totalité des fonds alloués par l’État soit reversés en priorité aux victimes des violences conjugales. Avant le Home des Rosati, l’éventualité de prendre aussi en charge les agresseurs ne s’imposait pas comme une nécessité, du fait même de leur acte. Pour des raisons idéologiques et / ou par crainte de voir ainsi fondre les moyens obtenus de l’État, et afin de multiplier les centres d’accueil destinés aux femmes battues, une appréhension globale du problème a longtemps fait défaut en France.
C’est pour contredire tous ces préjugés et enrayer un phénomène de résignation générale que le Home des Rosati a été créé. La visite en novembre 2013 de Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre du Droit des femmes, est venue confirmer la pertinence de ce nouveau dispositif. S’il est évidemment capital de protéger les victimes et de sanctionner les agresseurs, les professionnels sont désormais convaincus que ce problème de santé publique ne peut réellement être envisagé qu’en s’intéressant aux auteurs. J’ai souhaité participer à ce débat en donnant à découvrir une structure unique en France en matière de traitement de la violence masculine. Que se passe-t-il dans la tête d’un homme qui bat sa compagne ? Quels sont les mécanismes qui président à la violence conjugale ? Peut-on se soigner et si oui, comment ?
Si j’ai voulu faire découvrir le Home des Rosati, c’est aussi parce que j’y ai rencontré un véritable enthousiasme à l’idée d’un projet de film documentaire. L’équipe éducative y voyait l’opportunité d’être jugée sur pièce ; l’occasion d’opposer à un débat idéologique, la réalité de leur travail et de leurs résultats.
Cette nécessité de faire connaître le travail socio-éducatif entrepris aux Rosati, je l’ai reprise à mon compte. En suivant le séjour de six hommes violents, j’ai placé ce travail au cœur du film. De la directrice aux éducateurs, en passant par la psychologue et la chef de service, tous ont un regard, une démarche vis-à-vis des hommes violents qui méritent, à mon sens, qu’on en témoigne, ne serait-ce que parce que les faits donnent raison à leurs efforts : à ce jour, sur les 345 hommes passés entre leurs mains, seuls 13 ont récidivé.
 
En conclusion :
 
La recherche d’un équilibre subtil entre la dimension sociale et la dimension individuelle a guidé la réalisation de ce film que j’ai voulu empreint de respect et d’empathie, mais sans condescendance. Les enjeux humains étant trop importants pour risquer la moindre dérive ou le moindre racolage, j’ai donné la priorité à la sensibilité, à la raison et à la réflexion. J’ai veillé à me tenir à la plus juste distance possible en évitant à la fois la proximité impudique et la dilution du sujet dans des généralités froides et désincarnées. La préparation de ce film a exigé que je me défasse progressivement de mes propres préjugés à l’égard de ces hommes. Dans le même mouvement, c’est par un travail de construction cinématographique patient, rigoureux et sensible que j’ai souhaité inviter le spectateur à découvrir l’action sanitaire et sociale des Rosati.

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